POUR LES ADULTES

DEFINITION DE LA DOULEUR

Pour le grand enfant et l’adulte, la douleur est « une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable », cette douleur peut être associée à une blessure ou à une maladie ou même simplement à une crainte. La peur suffit pour avoir mal. En effet, la douleur existe à partir du moment où l’on s’en plaint : les enfants ne mentent pas et n’exagèrent pas.

Pour le bébé et le jeune enfant, leur âge ne leur permet pas de comprendre la douleur. Ils sont submergés par leurs sensations. La douleur est une alarme : il se passe quelque chose en moi!

POURQUOI LA PREVENIR ?

Parce qu’elle n’a rien d’éducatif !
Parce qu’elle peut induire la phobie des soins jusqu’à l’âge adulte et de manière définitive.
Parce qu’elle met à mal tous les intervenants.
Par ce que les moyens de la prévenir existent.
Par ce que la contention ne respecte rien ni personne, mais constitue bien un échec d’anxio-analgo-sédation.
Par ce que peur et douleur sont indissociablement liées.
Par ce qu’il relève de la responsabilité de tous de protéger l’enfant !
L’enfant n’est pas un adulte en miniature : les systèmes neurophysiologiques de l’enfant sont en voie d’élaboration et le risque de les abîmer définitivement est bien réel.
L’absence de prévention de la douleur peut avoir des conséquences néfastes, temporaires ou définitives à court et long terme.
La charte des droits de l’enfant et les règles de bonnes pratiques existent.
La prévention de la douleur fait-elle partie des priorités de l’hôpital auquel vous confiez votre enfant ?
Poser et se poser cette question est déjà un début de prévention !

EVALUER LA DOULEUR

Nul n’est insensible à la douleur et à la souffrance de son enfant… et chaque parent connaît mieux que quiconque les signes de douleur de son enfant.
Comment se fait-il alors que parfois peu d’écoute vous soit accordée dès qu’il s’agit de douleur ?
Les mécanismes de la douleur sont complexes et en parler tout autant.
La triangulation parents/enfants/soignants ne simplifie pas les choses en pédiatrie.
Toutefois, avec quelques informations, de l’écoute et certains outils d’évaluation de la douleur,
quantifier et qualifier la douleur de l’enfant permet de la soulager rapidement et efficacement, en toute sécurité.
Il s’agit d’un droit de l’enfant, d’un indicateur de la qualité des soins et de la prise en charge antalgique.
Les publications scientifiques nous enjoignent tous à être vigilants quant aux effets nocifs de la douleur chez l’enfant, tant sur le plan physique que psychique.
La prise en charge de la douleur repose sur un vrai partenariat entre les soignants, l’enfant et sa famille.

COMMENT LA PREVENIR ?

Nous disposons de moyens permettant de protéger les enfants lors des soins douloureux et potentiellement traumatisants.

En associant des moyens non pharmacologiques et pharmacologiques.,
En travaillant tous ensemble (enfant, parents, soignants) et en réalisant un maximum de soins avec l’enfant dans vos bras.

Il existe peu de moyens pharmacologiques de prévention en Belgique.
Ils ont au nombre de trois : le glucose 30 %, la crème et les patchs anesthésiants, le MEOPA.
Peu d’excuses de ne pas y penser et de ne pas les utiliser !

LE GLUCOSE 30 %

Quelle que soit la qualité des moyens mis en place, les plus petits seront toujours moins bien soulagés que les plus âgés: les facteurs créant cette situation sont bien connus scientifiquement.
Nous savons que l’eau sucrée (le glucose à 30 %) et le lait maternel participent de façon efficace au bon déroulement de la prise de sang. Vous pouvez donc donner à votre nourrisson juste avant et pendant le soin soit du lait maternel tiré soit du glucose 30 %. Il est même recommandé de donner le sein pendant le soin.

LES « TOPICS »

La peau et les muqueuses sont le « berceau » de la douleur.
Une effraction cutanée, c’est une effraction psychique.
Nous ne sommes pas égaux devant la douleur : nous avons des seuils de douleur personnels : c’est en cela que la douleur est subjective !

Les substances anesthésiantes ont la capacité d’empêcher le message douloureux de se créer.
Le respect des doses et des modalités d’utilisation (temps de pause) conditionne le taux de succès du moyen utilisé.
Mais les patchs et la crème anesthésiante ne protègent pas de la peur… et c’est donc l’association simultanée de différents moyens qui garantit l’efficacité et le succès.

LE MEOPA

Mélange Equimolaire d’Oxygène et de Protoxyde d’azote.

Ce médicament sous forme gazeuse est inhalé via un masque et permet de réaliser une sédation consciente qui favorise le confort physique et psychique de l’enfant et lui permet d’être détendu sans pour autant l’endormir.

Le soin réalisé dans ces conditions permet au soignant d’être plus efficace et plus respectueux des spécificités de la douleur en pédiatrie.

A nous d’y penser pour que l’enfant puisse en bénéficier.

Le temps consacré à informer l’enfant, préparer le matériel et administrer le MEOPA est un réel investissement dans la qualité des soins prodigués et le respect dû à l’enfant.

INFORMER VOTRE ENFANT

Informer, c’est « soulager et accompagner la peur ».
Votre enfant va bientôt rentrer à l’hôpital pour se faire opérer ou pour se faire soigner. Il peut se poser beaucoup de questions, s’imaginer des histoires, et percevoir des tensions autour de lui…
L’hôpital peut donner un sentiment de peur et lorsque la peur grandit, c’est plus difficile de se faire soigner, car « plus on a peur plus on a mal ».
Cela veut dire que votre enfant peut poser des questions et qu’un adulte adaptera les réponses. Il tiendra compte de son âge et de son niveau de compréhension. Pour l’enfant en dessous de trois ans, l’adulte devra aussi mettre des mots sur ce qui va se dérouler.
Pour accompagner votre enfant, les soignants peuvent utiliser différents outils et ce en fonction de celui qui lui convient le mieux. Le jeu est souvent très apprécié car c’est une invitation dans son univers. Univers dans lequel il peut être le héros de son histoire, ce qui lui permet de mieux continuer à la vivre.

QUE DIRE? (à son enfant ou à son patient)

Savoir accompagner un enfant pendant les soins est tout un art. Certaines paroles soutiennent, d’autres paroles détruisent. Il est nécessaire de prendre le temps de la réflexion pendant les soins. Même si on est pressés, même si la colère est grande.

LES REGLES D’OR

 

  • Informer l’enfant et ses parents.
  • Favoriser la présence des parents auprès de leur enfant.
  • Faire participer l’enfant, le distraire.
  • Repenser certaines habitudes de service.
  • Posséder une habileté technique.
  • Choisir un matériel adapté.
  • Installer confortablement l’enfant, dans un environnement calme.
  • Anticiper la prise en charge de la douleur.